Dans les rues de Tunis

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Dans la lumière de Tunis

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Carrefour unique de cultures, de gastronomies, d’art de vivre et d’art tout court… la plus méditerranéenne des cités du Maghreb est infiniment plus qu’une porte vers ses plages et ses souks.

Si l’on ressent l’influence européenne sur son versant est, l’identité est résolument tunisienne dans les venelles de sa fantastique médina, à l’ouest. Tout autour, des villégiatures les pieds dans l’eau se multiplient. Tunis aime les mélanges et la diversité ! Les valeurs de tolérance et d’ouverture qui caractérisent Tunis viennent d’une longue cohabitation de civilisations qui ont fait la ville.

C’est sur un air d’Anouar Brahem, dont la musique marie les accords du maalouf traditionnel et ceux d’un jazz à la Keith Jarrett, qu’il faut s’adonner au vertige initiatique d’une balade tunisoise. Entre la ville nouvelle, moderniste et l’authentique médina, classée au patrimoine mondial de l’humanité. Une fois pris ce double pouls de Tunis, direction la côte et ses faubourgs coquets, pour une escapade vivifiante entre jardins et terrasses qui respirent l’Italie… juste en face !

Médina, dans le labyrinthe de la ville

Il y a deux manières de goûter à la médina. En semaine, pour une séquence shopping au gré des échoppes agglutinées autour de la mosquée du VIIe siècle Al-Zaytuna. La beauté et les couleurs des vitrines donnent envie de pousser la porte à la rencontre des savoir-faire. Bijoux contre le mauvais œil, objets en cuivre martelé, céramiques aux inspirations puniques, romaines ou andalouses… des trésors partout, sous les yeux des passants.

Porte en bois cloutée et bougainvilliers

La Médina

Place avec marché et souks

Place de la Victoire à Tunis

Entre deux étapes, on goûte un kawa à la fleur d’oranger, une citronnade aux amandes ou un jus de raisin pressé minute. Autre registre : le dimanche, à midi, quand les boutiques ferment et les souks se vident. La meilleure heure pour explorer l’héritage fabuleux de l’ancienne capitale de la dynastie hafside ! L’image des boutiques et des portes cloutées s’efface, le silence des rues délie les langues invisibles de la pierre.

Les nombreuses terrasses qui dominent les « dars », ces anciens palais transformés en galeries marchandes, offrent une vue précieuse de l’organisation de la vieille ville. Mosquées aux dômes immaculés, mausolées ottomans et édifices hispano-mauresques… Quelques instants en suspension sur ces plateformes à ciel ouvert suffisent à saisir les sommets d’élégance et d’audace atteints par le bâti. Prendre de la hauteur, écouter l’histoire, nourrir l’esprit… les biens immatériels sont essentiels.

Carrefour des arts et de la culture

Parmi les grands sites tunisiens classés par l’UNESCO, la cité de Carthage, à quelques kilomètres de Tunis, occupe une place particulière. Cohabitant avec les belles villas, ses ruines dorées omniprésentes content le passé de l’ancienne cité punique fondée par la reine Didon, détruite puis reconstruite par les Romains.

La saga affleure partout dans les collections du musée du Bardo, qui retracent une grande partie de l’histoire du pays. Au cœur d’un ancien palais beylical du XIXe siècle, le visiteur a rendez-vous avec le plus riche ensemble de mosaïques au monde, une somptueuse section de bijoux puniques ou encore une galerie de sarcophages romains et de baptistaires chrétiens.

Autre moment fort : la cargaison d’un navire romain naufragé au large du cap Africa. Pièces de bronze, sculptures en marbre, mobilier et autres chefs-d’œuvre de l’art hellénistique ont été remontés des eaux. La mémoire de Tunis n’a pas encore révélé tous ses mystères, comme le montre la découverte l’an dernier de nouvelles urnes et objets anciens dans le « tophet » de Carthage, une ancienne aire sacrée punique.

Fugues iodées

La Marsa, Sidi Bou Saïd, Carthage, Hammamet… les rives lumineuses de la capitale cultivent une dolce vita 100 % tunisoise. Sidi Bou Saïd, qui tire son nom d’un saint du XIII e siècle dont le mausolée est au cœur du village, est connu à travers le monde pour ses couleurs : blanc, bleu et fleurs ! Les notables de Tunis mais aussi les artistes et les esthètes y savourent une vie douce et colorée, entre restaurants de poissons, cafés terrasses, boutiques branchées et plages blondes. Ces officieuses capitales d’été célèbrent les jardins fleuris de l’Afrique du Nord.

Maison blanche et boiserie bleu avec vue mer

Dans les rues de Tunis

Dans un air tiède et salé, orangers, citronniers, mûriers géants, cédrats ou bougainvilliers phagocytent les demeures blanches aux tours cubiques, qui rappellent les premières heures du modernisme. Quelques voûtes de l’architecture traditionnelle affleurent çà et là, en écho aux palais fondés par les Hafsides ou les Husseinites. Ultra actives la journée, les allées se font romantiques le soir venu. Les amoureux s’installent dans l’un des cafés qui font face aux falaises du cap Bon, de l’autre côté de l’eau. Suavité du jasmin, caractère entêtant, voire vénéneux du narcisse… Entre noirceur et heure bleue, s’immiscent les lourds parfums qui envoûtaient déjà Salammbô, l’héroïne de Flaubert, dans la proche Carthage.

Notre adresse pour un city break à Tunis

La Maison Dedine

Cinq chambres ravissantes ouvrant sur mer ; piscine à débordement et son couloir de nage ; vaste rooftop composé de plusieurs terrasses superposées face à la Méditerranée et au port de plaisance ; table d’hôtes aux produits frais et locaux… la toute nouvelle maison d’hôtes du village de Sidi Bou Saïd est un must.

Piscine à débordement et sa vue mer

Piscine de la Maison Dedine © Pol Guillard, Tunis 2017

Chambre double, guéridon en bronze et baie vitrée avec vue mer

Maison Dedine © Pol Guillard, Tunis 2017

Fervents défenseurs de l’excellence hôtelière, Sandra et Nebil Sinaoui signent un accueil d’exception dans cette adresse les pieds dans l’eau, située à quelques minutes du site archéologique de Carthage, de l’Acropolium et de la colline de Byrsa.

Une adresse au sud de la Tunisie

Dar Tozeur

À une heure de vol au sud-ouest de Tunis, Tozeur vient dessiner l’horizon monochromes du désert du Sahara. Connue pour ses lettrés, la ville témoigne de ses arts calligraphiques jusque sur les façades aux reliefs inspirés des tapis à motifs et des courbes de caractères manuscrits. Au cœur de la médina, nichée parmi les maisons de briques d’argiles typiques de Tozeur, la maison d’hôtes Dar Tozeur se dresse comme l’un des plus beau riad de la cité.

Grande piscine extérieure bordée de palmier au cœur d'un riad tunisien

Piscine de Dar Tozeur

Une adresse « comme à la maison » qui trouve son origine dans son nom, Dar signifiant Maison, et qui évoque le bien chez soi avec le choix parmi un après-midi au spa entre hammam, jacuzzi et massage, une soirée intime entre amis dans la salle de projection privatisable pour se remémorer les souvenirs du voyage tunisien dans ou encore un moment détente dans l’une des deux piscines extérieures. Le soir ? On s’accorde une évasion aux portes du désert pour observer le soleil se coucher par delà les dunes.

Nadia Hamam
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